Depuis le 1er janvier 2026, une entreprise ne peut plus acheter de produits désinfectants professionnels sans détenir un certificat individuel appelé Certibiocide. L'obligation est entrée en vigueur discrètement, dans un secteur où beaucoup de structures ne l'ont pas anticipée.
Si vous confiez l'entretien de vos bureaux, de vos écoles, de vos établissements de santé ou de vos parties communes à un prestataire, cette échéance vous concerne directement. Pas parce que vous devez vous former, mais parce que votre prestataire doit pouvoir prouver qu'il est en règle — et parce qu'un prestataire non certifié utilise, par définition, autre chose que ce qu'il vous a vendu.
Voici ce qu'est réellement ce certificat, qui il oblige, et comment vérifier la situation de votre prestataire en deux minutes.
Le Certibiocide en clair
Les produits biocides sont des substances conçues pour détruire ou neutraliser des organismes nuisibles. Comme ils agissent sur le vivant, ils présentent des risques pour la santé humaine et pour l'environnement. D'où un encadrement renforcé, issu du règlement européen n° 528/2012.
Le dispositif français Certibiocide existe depuis 2015. Il a été refondu par l'arrêté du 23 janvier 2023, qui modifie l'arrêté fondateur du 9 octobre 2013 et découpe le dispositif en trois certificats distincts :
- Certibiocide désinfectants — types de produits TP2, TP3 et TP4
- Certibiocide nuisibles — TP14, TP18 et TP20
- Certibiocide autres produits — TP8, TP15 et TP21
C'est le premier qui concerne le métier de la propreté. Son entrée en vigueur, initialement prévue au 1er janvier 2025, a été reportée d'un an par l'arrêté du 3 décembre 2024. Depuis le 1er janvier 2026, il n'y a plus de délai.
Quels produits sont concernés
Trois types de produits relèvent du Certibiocide désinfectants :
- TP2 — désinfectants pour surfaces, locaux et matériels, hors contact avec les denrées alimentaires, ainsi que les produits algicides
- TP3 — produits d'hygiène vétérinaire
- TP4 — désinfectants pour les surfaces en contact avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux
Un point souvent mal compris mérite d'être posé clairement : seuls les produits réservés à un usage exclusivement professionnel sont visés. Un désinfectant vendu à la fois aux professionnels et au grand public, disponible en grande surface ou en pharmacie, n'entre pas dans le périmètre.
C'est justement pour cette raison que la question mérite d'être posée à votre prestataire. Un professionnel équipé de produits réellement professionnels est concerné. Un prestataire qui affirme ne pas l'être vous dit, sans le vouloir, quelque chose sur la nature de ses produits.
Qui doit détenir le certificat
Trois rôles sont visés, dès lors qu'ils interviennent sur ces produits :
- Le décideur — la personne qui choisit les produits, définit les protocoles et valide les cahiers des charges de désinfection
- L'acquéreur — celle qui choisit le produit et ordonne l'achat
- Le distributeur — celui qui met en vente ou distribue ces produits à des utilisateurs finaux professionnels
Le certificat est individuel. Il est délivré à une personne physique, jamais à une entreprise. Chaque structure doit donc disposer d'au moins un titulaire, rattaché à la société.
Il s'obtient à l'issue d'une formation de 7 heures, en présentiel ou en visioconférence, validée par un questionnaire à choix multiples. Sa durée de validité est de cinq ans.
Ce que cela change concrètement pour vos locaux
L'obligation ne se limite pas à un papier dans un classeur. Elle a un effet mécanique sur la chaîne d'approvisionnement.
Depuis le 1er janvier 2026, tout distributeur de produits biocides professionnels doit tenir un registre des ventes mentionnant le numéro de Certibiocide de son client. Sans numéro valide, pas de vente.
La conséquence est simple à comprendre :
- Un prestataire non certifié ne peut plus s'approvisionner légalement en désinfectants professionnels TP2, TP3 et TP4.
- Il utilise donc soit des produits grand public, moins concentrés et moins adaptés à un usage intensif, soit des produits obtenus hors du circuit réglementaire.
- Dans les deux cas, le niveau de désinfection que vous pensez acheter n'est pas celui que vous obtenez.
Sur des sanitaires collectifs, une cuisine partagée, une crèche, un cabinet médical ou un établissement scolaire, l'écart n'est pas théorique.
Vérifier votre prestataire en 2 minutes
Vous n'avez pas besoin d'être expert en réglementation biocide. Quatre questions suffisent.
- « Qui, chez vous, détient le Certibiocide désinfectants ? » La réponse doit être un nom, pas une entreprise. Un prestataire en règle répond immédiatement.
- « Pouvez-vous me transmettre le numéro de certificat et sa date de validité ? » Le certificat porte un numéro et une échéance à cinq ans. Demandez-en une copie et classez-la avec votre contrat.
- « Quels produits désinfectants utilisez-vous sur mon site, et quelles sont leurs fiches de données de sécurité ? » Les FDS doivent être disponibles sur simple demande.
- « Vos agents sont-ils formés au dosage et aux temps de contact ? » Un désinfectant mal dosé ou essuyé trop tôt ne désinfecte pas. Le produit ne fait pas tout : le protocole compte autant.
Ces éléments ont vocation à figurer dans votre dossier prestataire, au même titre que l'attestation d'assurance ou l'attestation de vigilance URSSAF.

Chez QALIS GROUP, le Certibiocide désinfectants est détenu en interne et les protocoles de désinfection sont formalisés site par site, aussi bien sur les prestations d'entretien de locaux professionnels que sur les interventions après sinistre, où la désinfection est au cœur de la prestation.
Trois idées reçues à corriger
« Le Certibiocide, c'est pour les entreprises de désinsectisation. » Non. Le certificat nuisibles concerne effectivement la lutte contre les nuisibles. Le certificat désinfectants, lui, concerne toute structure qui décide, achète ou distribue des désinfectants professionnels : entreprises de propreté, établissements de santé, collectivités, industries agroalimentaires.
« Mon prestataire n'utilise que des produits écologiques, il n'est donc pas concerné. » Un produit peut être écolabellisé et rester un biocide professionnel. Les deux logiques sont indépendantes. Ce qui déclenche l'obligation, c'est le type de produit et son caractère exclusivement professionnel, pas son profil environnemental.
« Nettoyer et désinfecter, c'est la même chose. » C'est l'erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse. Le nettoyage retire les salissures visibles. La désinfection réduit la charge microbienne, et suppose un produit adapté, un dosage exact et un temps de contact respecté. Désinfecter une surface sale ne sert à rien : le nettoyage doit toujours précéder la désinfection.
L'essentiel à retenir
Depuis le 1er janvier 2026, le Certibiocide désinfectants est obligatoire pour tout décideur, acquéreur ou distributeur de produits biocides professionnels TP2, TP3 et TP4. Le certificat est individuel, valable cinq ans, et conditionne l'accès à l'approvisionnement.
Pour un donneur d'ordre, c'est un filtre utile. Une question posée en amont vous renseigne en quelques secondes sur le sérieux de la structure à qui vous confiez vos locaux.
Pour aller plus loin, la fédération professionnelle du secteur détaille le dispositif sur Le Monde de la Propreté.
Un doute sur les produits utilisés dans vos locaux ?
Nous pouvons passer en revue votre protocole de désinfection actuel : nature des produits, dosages, temps de contact, zones traitées et fréquences.
Une lecture rapide suffit souvent à repérer un écart entre ce qui est écrit au contrat et ce qui se pratique sur le terrain.
QALIS GROUP — 20 agents, plus de 140 sites entretenus dans l'Hérault et le Gard.